Le blog d’un instit en week-end ou en vacances…
Image aléatoire... Actualiser pour en voir d'autres !

Category — A l’école

Avoir chaud protège de l’arthrite

En cette période hivernale, les enfants de nos classes sont encore plus couverts qu’un sapin de Noël : gros pantalon, double T-shirt, pull, blouson avec doublure et double fermeture, écharpe, gants ou moufles, bonnet… Inutile de vous dire que lorsqu’on sort en récréation, il vaut mieux s’y prendre à l’avance afin d’avoir le temps de tout mettre, de fermer les fermetures-éclair récalcitrantes et de retrouver le gant caché dans une manche ou tombé dans un cartable…

C’est aussi l’époque où les affaires se perdent. Il est rare qu’il ne se passe pas une semaine sans qu’un enfant ne cherche un gant, ou n’ait perdu son écharpe…

C’est arrivé il y a 2 semaines à mon p’tit Enzo, et la maman était contrariée car cette écharpe avait été tricotée par la grand-mère ! On a tout retourné, sans rien retrouver…
Ni une ni deux, la semaine suivante, Enzo revenait à l’école avec une nouvelle écharpe, également tricotée dans la semaine ! Je trouve ça plutôt chouette les grands-mères qui tricotent encore de nos jours pour leurs petits-enfants ; ça change des vêtements tout faits et impersonnels.

Du coup, je me demande si je ne vais pas cacher les affaires de mes élèves pour faire travailler les mains des mamies du quartier. ;-)

091222-tricot

décembre 22, 2009   2 764 lectures   4 commentaires

Les gants en laine sur le radiateur

Vous n’êtes pas passé à côté si vous avez écouté les infos en France : aujourd’hui, il a neigé ! Eh oui.
Tout le monde en parle ; les automobilistes n’osent pas dépasser le 30 km/h sur ligne droite, les trottoirs ont l’air plus penchés que d’habitude pour les piétons, les bus ne passent pas pour ramasser les collégiens, c’est pratiquement l’apocalypse ! Pire, dirais-je, c’est l’hiver !

Faut avouer que ça fait plusieurs années que j’ai un peu du mal à expliquer à mes élèves les caractéristiques de cette saison : le froid, la neige, la glace, l’absence de verdure… Heureusement, et malgré ce que nous font croire les médias, le climat semble retrouver une activité normale, et il fait enfin un temps d’hiver en décembre !

Faut dire que j’adore ça. Oh, pas seulement la conduite sur la neige, les sourires lors des chutes de piétons, ou le fait qu’on n’aille pas au collège ce jour-là… Non, j’aime juste l’ambiance de la neige, qui m’apporte irrémédiablement des souvenirs et des images d’enfance : les pas craquants, la luge au milieu de la route, les igloos sur le bord du trottoir, les constructions très organisées de bonshommes de neige, et bien-sûr, les inévitables batailles de boules !

C’est quand même étrange, ce matin, en voyant les enfants arriver dans la cour blanche de l’école, j’avais l’impression d’être encore plus heureux qu’eux de voir cette neige… N’auraient-ils pas assez de souvenirs de ces bonnes parties glacées ? Ignoreraient-ils comment de la pluie tombée à zéro degré remplace à elle seule toutes les x-box, wii, cartes de catch et DS réunies ?!

091217-neige

Ce qui est sûr, c’est qu’après une récréation bataille de boules de neige de 30 minutes, ils ont testé les plaisirs de la neige, en y goûtant de près ! Et moi, j’ai perdu 30 ans d’un coup !

En juin prochain, il faudra que j’expérimente la bataille d’eau, mais pas certain que cette fois mes collègues m’y laissent jouer ! ^^

décembre 17, 2009   2 529 lectures   6 commentaires

Demain, j’entre dans ma grotte

Voilà une phrase qui revient souvent dans le monde enseignant : demain, c’est la rentrée ! Et je vous fais grâce du prétentieux « mais dans 6 semaines ce sont les vacances »…

Me voilà donc prêt à retrouver une petite vie réglée au rythme des élèves : les préparations de cours, les rigolades avec les enfants, les coups de colère, ou de fatigue… les interrogations pédagogiques, les sourires, les mains tendues, les chansons, les bêtises ! Bref, tout ce qui fait que j’aime mon mérier !

Puis, ce retour dans « ma grotte », c’est aussi au sens propre cette année. J’ai en effet une petite classe dans un vieux bâtiment, contre lequel nous construisons de nouvelles classes maternelles. Mes 2 seules fenêtres sont donc complètement bouchées depuis ces vacances de Toussaint, et je vais donc faire classe dans l’obscurité la plus complète dès demain ! (brrrrrrrr).

091104-grotte

Alors si vous avez de bonnes idées pour profiter de l’obscurité de notre grotte de CP, genre projet sur l’ombre et la lumière, élevage de fantômes, entraînement intensif à la sieste… je suis preneur !

novembre 4, 2009   2 096 lectures   4 commentaires

Leur grand-mère faisait-elle du catch ?

Comme chaque année dans les cours d’école, il y a des modes. Il y eut les osselets, les billes, les cordes, les toupies… puis plus récemment les cartes Pokémon ou les feuilles Diddle.

Depuis cette année, c’est la folie des cartes de catch (folie qui avait commencé l’an dernier). On trouve même des T-shirt, des trousses, des cartables… A croire que les retransmissions de matchs américains sur la TNT ont propulsé ce sport-spectacle au premier rang des intérêts des élèves.

A première vue, on aurait envie de s’en offusquer :

Le catch, c’est violent ! ça n’est pas pour les enfants… On va retrouver des bagarres dans les coins de la cour ! Y a déjà assez de violence comme ça pour ne pas en ajouter…

Et j’en passe.

Or, de façon étonnante, les enfants ne sont pas dupes. L’an dernier, l’un de mes élèves est venu faire un « quoi-de-neuf » sur ce thème, et sa première explication ressemblait aux avertissements qu’on voit au début des rediffusions : « surtout, vous ne devez pas faire ça chez vous, dans votre chambre ou dans votre salon ! ». Ou encore : « En vrai, ils ne se font pas mal, c’est juste du spectacle, mais il faut s’entraîner pour ça ».

091011-catch

La chose qui m’a vraiment donné envie d’accepter cet attrait pour le catch auprès de mes propres élèves, ce fut lorsque ma vieille maman de plus de 80 ans m’apprit, il y a 2 jours, que dans sa jeunesse,  elle regardait en famille (ou assistait à) des matchs de catch, et qu’elle aimait beaucoup ça !
Quelques recherches m’ont montré que le catch était en effet une véritable passion en France dans les années 50 à 70 (voir par exemple ce message de forum).

Les générations se ressembleraient-elles plus qu’on ne le pense ?
Ce qui est certain, c’est que demain matin, je verrai les collections de cartes d’un autre œil !

octobre 11, 2009   2 421 lectures   9 commentaires

Le bon mot d’un petit poids

La semaine dernière, afin de compléter une petite fiche d’identité, j’ai pesé et mesuré chaque élève de ma classe. On pourra ainsi suivre l’évolution au cours de l’année, puisque je reproduirai cette opération en janvier puis en juin…

Chloé était absente le jour des mesures. Je lui demande donc de venir sur la balance pour se peser, et une fois installée, elle me dit, très sûre d’elle :
- je sais que je pèse 29 kilos, c’est marqué sous mes chaussures.

090927-balance

Pour la petite histoire, elle pesait 19kg, mais je n’ai pas vérifié sa pointure ^^

septembre 27, 2009   2 247 lectures   5 commentaires

J’ai les boules

J’aime particulièrement observer des petites bêtes en classe avec mes élèves, et comme chaque année, j’ai encouragé l’introduction de quelques bestioles à 6 ou à 8 pattes, dans lesquelles on compte de jolies tégénaires, qui sont des araignées d’intérieur (les grosses que vous trouvez, tombées de nulle part, dans le fond de votre baignoire).

Je vais peut-être vous apprendre quelque chose, mais pour différencier les mâles des femelles, on observe la présence ou non de bulbes copulateurs à l’extrémité de ses pédipalpes (un genre de fausses pattes à l’avant). Pour faciliter l’affaire, j’ai montré aux élèves qu’on voyait des petites boules à l’avant…

090925-tegenaire

Et voilà qu’aujourd’hui, alors qu’un élève de la classe d’à côté nous montrait un gros crapaud trouvé dans la mare de sa mamie, et qu’il nous expliquait que ce crapaud avait des boules sur le dos, Margaux s’écrie : c’est donc un mâle, il a des boules !

Il n’en fallait pas plus pour me faire sourire ! J’espère simplement qu’elle ne viendra pas nous raconter le fruit de ses observations auprès de ses grands frères…

septembre 25, 2009   3 061 lectures   4 commentaires

J’ai pris le virus en grippe

En cette rentrée, la grosse actualité, c’était bien-sûr le virus de la grippe H1N1. A vrai dire, côté enseignant, on n’est pas plus fixé que le commun des mortels (c’est bien l’occasion d’utiliser ce terme…) et à part la nécessité de mettre en place les fameux gestes barrière, on ne sait pas trop sur quel pied danser.

Certaines municipalités ont pris des mesures législatives pour interdire les bisous et les poignées de mains, que des directrices d’école ont pris à la lettre. Et voilà qu’on se salue comme les p’tits indiens… Mais qu’en est-il des usages sociaux là-dedans ? On vit déjà dans un monde où l’isolement et l’individualisme galope, si en plus on l’encourage sous des prétextes fumeux, où va-t-on ? (hein, je vous l’demande…). Refuser une poignée de main à un parent d’élève, ça n’est déjà pas facile, alors repousser un enfant qui vient vous faire un bisou, je trouve ça encore plus désobligeant…

Chez nous, rien n’a vraiment changé, à part qu’on essaie de se laver régulièrement les mains, et ça n’est pas un mal pour certains enfants. Il y en a même certains qui sont ravis, et que je soupçonne de volontairement se chatouiller les narines pour provoquer un éternuement et pouvoir aller faire un tour au lavabo pendant la séance de lecture !

Hier, au « quoi-de-neuf », une élève nous faisait toutefois part de son inquiétude, car elle avait entendu aux infos qu’un jeune homme était mort de cette grippe, sans qu’il ne soit touché par aucune autre maladie. Puis elle a ajouté, avec un sourire de vainqueur, que sa grand-mère avait la grippe, mais la grippe normale !
Comment faire, dans ce contexte, pour installer une vie sociale sereine à l’école ? Comment, dans ce climat médiatique (auquel je contribue en publiant ce billet), faire comprendre aux élèves, que ça n’est pas grave d’avoir la grippe ? A trop se protéger, ne risque-t-on pas de fragiliser les défenses naturelles de notre corps ?

090916-maingrippe

Bon, à vrai dire, cette grippe me donne des boutons à trop faire parler d’elle… Sans compter que cette semaine, j’ai eu 3 cas de gastro dans ma classe. Je suis assez étonné que le ministère de la Santé ne m’ait pas encore contacté pour exiger la fermeture de ma classe !

Question subsidiaire : on le place où, le masque, pour la gastro ? ^^

septembre 16, 2009   2 137 lectures   6 commentaires

Un bon geste vaut mieux qu’une parole

La parole du jour, d’un élève à midi :

Monsieur… … … J’ai maaaaal au ventre… …

… …
Bluuurp !

Ah, les joies de la rentrée !
Heureusement, ma collègue m’a rassuré : « si on vomit, ça ne peut pas être la grippe ».

090903-mainsgrippe

Demain, je vous raconterai les premiers éternuements ! :-)

septembre 3, 2009   2 106 lectures   5 commentaires

Tracasserie du trac à c’t'heure

A 10 jours de la reprise avec les élèves, ça y est, ça commence : à la simple pensée du matin de la rentrée, mon coeur s’accélère, je repense à tout ce que je voulais faire et que je n’ai pas fait, j’imagine déjà les 25 paires d’yeux scrutant le moindre geste, la moindre parole…
Il ne faut pas faire d’erreur ces premières minutes : savoir s’imposer en tant que maître, mais savoir aussi mettre chaque enfant à l’aise, pour lui donner l’envie de revenir le lendemain (avouez que le contraire serait ennuyeux !), et pour lui laisser une confiance dans ses apprentissages (eh oui, même en CP, on a le droit de ne pas savoir, ou de faire des erreurs…).

Alors je me posais la question : je sais que mes collègues enseignants ont, pour beaucoup, ce trac à l’approche de la rentrée, et la nuit précédant la date fatidique est souvent agitée (sans compter les rêves qui tournent aux classes cauchemardesques pendant les vacances…).
Mais qu’en est-il des autres métiers ? Un banquier en vacances a-t-il le trac lorsqu’il retrouve ses clients ? Un docteur a-t-il le coeur qui bat la veille de sa première consultation ? Un sauveteur en mer tremble-t-il la veille de sa première journée au soleil ? Le savoir n’enlèverait rien à mon propre trac, mais me montrerait que ce n’est pas une réaction isolée…

Allez, je respire un grand coup et je m’en vais réapprendre à écrire de jolies lettres dans mes cahiers !

090824-cahiertom

août 24, 2009   2 122 lectures   6 commentaires

La dernière minute

Neuf jours de classe, c’est le temps qu’il me reste avant de terminer cette année scolaire.

C’est assez commun ces gens qui disent : « oh, ça passe de plus en plus vite… » ou « On n’a pas vu l’année passer », mais plus je vieillis, plus j’ai l’impression que j’entre dans ces lieux communs !

Évidemment, ce sont les derniers jours que je redoute. Non pas pour l’énervement des enfants, ou leur motivation décroissante, mais parce qu’il va falloir que je quitte un groupe classe avec lequel j’ai tissé des liens, dans lequel s’est établi des relations de confiance, un esprit que j’espère le plus éducatif possible pour le bonheur de chacun.

Je n’aime pas les ruptures non décidées. Et cette fin d’année, je ne la décide pas. Oh, je sais que plus d’un serait prêt à prolonger l’année de CP de quelques semaines. Si je les écoutais, je pourrais même aller avec l’un dans un parc d’attraction en Juillet, avec l’autre faire de la plongée dans le sud pendant le mois d’Août, ou avec l’autre encore bronzer sur les plages de Barcelone les 2 mois ! Y’en a même un qui m’a dit ce matin : « bah on a une 7 places, et on n’est que 5″

Hélas, c’est la règle, et comme l’an dernier, il va falloir se dire adieu. Dans les faits, ça n’est qu’un « au revoir », car je les revois l’an prochain dans la cour, mais ça ne sera plus la même chose. C’est un adieu à un temps de l’enfance privilégié, celui où l’on grandit d’un coup, où l’on prend le pouvoir formidable sur l’adulte, le pouvoir de lire ! Bref, le temps du CP, une page qui se referme à jamais…

Pour me consoler, je me dis qu’il me reste les souvenirs, qui eux, ne sont pas perdus, et puis avec un peu de recul, je réalise que chaque année j’ai ce blues de l’enseignant, comme le témoigne ce billet en chanson que j’avais écrit après la fermeture de ma classe l’an dernier. On va dire que c’est pathologique, et que mon état empire d’année en année !

CP

Allez, une petite résolution pour ces 9 jours : vivre ma classe au maximum, savourer chaque minute.

Celle où l’on éclate de rire suite à la bêtise d’un enfant, ou celle où je me mets en colère après ceux qui rigolent trop longtemps de cette même bêtise.

Celle où je vois dans les yeux d’un élève sa fierté d’avoir compris, ou celle où je lis la lassitude de réaliser encore une fois la même tâche.

Celle où chacun travaille consciencieusement en silence, la langue pinçant légèrement la lèvre, ou celle où le brouhaha m’empêche de placer un seul mot.

Celle où cet enfant prend un air étonné en entendant la sonnerie : « quoi, c’est déjà l’heure », ou celle où cet autre enfant me demande, pour la 15e fois dans l’année : « Monsieur, on est le matin ou l’après-midi ? C’est bientôt l’heure des parents ? ».

Et s’il y a en a bien une que je savourerai plus que les autres, ça sera la dernière minute dans 9 jours !

Bonne fin d’année à chacun :-)

juin 16, 2009   2 336 lectures   11 commentaires