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Rouler en voiture, ça isole

Pour ceux qui me suivent ailleurs, vous savez peut-être que je me suis promené pendant 15 jours, à vélo et en famille, le long de la côte ouest française, du nord du Nord à l’ouest du sud de la Bretagne… Si, si, même qu’on donnait des nouvelles ici !

Ce fut l’occasion de remarquer qu’à vélo, on fait beaucoup plus de rencontres qu’en voiture. Je sais, c’est logique, mais c’est remarquable quand même : un individu qui s’arrête en voiture sur un parking touristique ne sera pas abordé par une personne du coin. Le même individu qui s’arrête en vélo, avec tout un équipement (des sacoches et un gilet jaune), ça attire les regards et la curiosité des habitués. Et bingo, les rencontres sont quasiment systématiques !

C’est ainsi que nous avons, avec plaisir, été abordés par beaucoup de gens qui nous ont parlé de leur petit coin de terre. Charmant !

Nous avons même poussé la réflexion un peu plus loin : lorsque nous croisions d’autres cyclistes sur la route, nous avions toujours droit à un petit signe de la main, ou à un « bonjour », réciproquement rendu bien-sûr. Nous nous faisions la remarque que c’était également le cas du monde des motards, des routiers, des randonneurs à pieds, et certainement des pilotes de ligne… mais que dans cette valse de gentillesses humaines, un seul faisait défaut : l’automobiliste !

Comment expliquer cette absence totale d’humanité au volant ? Il faut croire que le nombre trop important de véhicules limite la courtoisie ?

Je propose donc désormais de lancer une mode : faire un signe d’amitié à tous les véhicules que vous croisez, mais afin de ne pas avoir de crampes, uniquement aux véhicules identiques au vôtre.
C’est dit, désormais, je dirai bonjour à toutes les 206 rouges !

Signé : le fou du village.


8 commentaires

1 parisiennette { 06.08.10 à 17:24 }

ça, je le savais déjà ! Même en ville, les sourires sont plus faciles en vélo. Et puis surtout, si tu t’isoles sans chercher à capter le regard des gens… tu te fais écraser !

2 Lidwine { 09.08.10 à 6:48 }

Encore une merveilleuse idée que j’apprécie.
Un seul soucis : je n’ai pas de voiture -_-

Sinon pour faire des rencontres systématiquement, je te propose aussi la robe de soirée, les talons hauts et l’accent français et t’es sûr à 100% d’avoir des gens qui vienne te parler de LEUR lopin de terre.
Ha ha !! >.<

3 teclo { 20.08.10 à 0:21 }

D’accord ! Je commence demain.

4 chabada { 20.08.10 à 10:53 }

L’été, je ne pédale pas, mais je marche et c’est le même constat lorsque l’on s’arrête avec notre sac à dos bien rempli…

5 RosYCruZ { 04.11.10 à 23:21 }

J’aime ton analyse. C’est totalement vrai, il n’y a pas cette… convivialité en voiture. Bon, pour les pilotes et les conducteurs de bus, c’est surtout dû au fait qu’ils soient collègues, mais pour les cycliste et autres piétons, c’est pas faux (sauf à Paris, bien entendu). Bon, je n’ai pas de voiture, mais j’essayerai d’y penser le moment venu.

6 sandrine { 25.03.11 à 9:53 }

Bonjour!
En nouvelle Calédonie, dans la brousse, ou sur les iles Loyauté, quand vous circulez en voiture, les personnes qui travaillent sur le bord de la route (aux champs) ou qui marchent vous saluent de la main… Exactement comme si vous étiez un piéton… Et vous vous répondez bien sur… Il n’y a pas beaucoup de voitures.. alors eux lèvent le nez et la main une fois de temps en temps. Mais vous, en voiture, vous croisez régulièrement des piétons.. Même sans aller très vite, ça se reproduit assez souvent. Conséquences: Dans la voiture, vous êtes sans arrêt en train de saluer et de sourire à quelqu’un. Un quelqu’un toujours renouvelé qui lui aussi vous salue et vous sourit. Sérieusement: ça change le regard sur l’humanité! Même si vous savez que ces gens là étaient cannibales rituels il n’y a pas si longtemps, même si vous savez qu’un trop grand nombre oublient leur indignité et leur dignité dans la boisson – comme ailleurs quoi- .. Pendant un temps il vous apparait une image idéale du genre humain. Si le voyage dure, cela s’imprègne en vous et vous passez une bonne journée… ça peut recommencer tous les jours et vous devenez plus serviables, plus ouverts. Vivre en nouvelle Calédonie, ça change la vie! Pourquoi pas ailleurs?
Cela ne se fait plus (et pas encore) dans nos contrées modernes où les automobilistes sont tellement nombreux qu’on risquerait de ne plus avoir le temps d’attraper le volant entre deux salutations… Mais j’y pense! En fait ça se fait aussi de moins en moins aussi sur les trottoirs! Je marche assez souvent à pied et il y a beaucoup de personnes qu’on croise sans même qu’elles répondent à votre sourire et à votre salut! Damned! où allons nous?
Merci pour ce post qui remarque les évolutions des rituels de reconnaissance entre personnes humaines. Peut être que grâce à vous on pourra redresser la barre, lancer sur Facebook le groupe des gens qui saluent quand ils croise une personne qu’elle soit à pied, à cheval, en velo, en auto, en moto etc… . Votre article montre que de, plus ne plus, on va saluer non plus l’humain parce qu’il est humain mais le motard car il est motard comme nous, le cycliste car il est cycliste comme nous (ou comme notre nous-ideal)…
Souvenons nous:  » L’amour, dit Rainer Maria Rilke , c’est la distance qui permet de voir l’autre se détacher en entier dans le ciel ». Saluer l’autre parce qu’il nous ressemble, c’est un bon début, mais saluer l’autre, aussi dissemblable soit il, ce serait une marque d’amour. Pour le genre humain. Y sommes nous pret? les messages qui sont véhiculés dans notre société, à pied en velo ou en voiture, parlent surtout de ce qui separe… les idées politiques, les choix de vie, … chacun cherche à affirmer sa différence. … Faire un groupe sur FaceBook. N’importe quoi! ..?

7 JR { 26.03.11 à 17:12 }

Merci pour votre commentaire très rafraîchissant ! :)

8 La Dame de Nage { 31.10.11 à 8:49 }

Ah, c’est parce que tu n’as pas vécu à la campagne !
Quand les routes sont étroites, deux voitures ne peuvent se croiser, alors celle qui en a la possibilité se gare devant une entrée de champ, et l’autre remercie d’un salut de la main. J’ai gardé, cette habitude, je salue, le facteur, celui qui me laisse passer ou a attendu patiemment que je manœuvre … etc. Je modère pour les vélos, quand je croise des rouleurs en peloton, tout de fluo habillés, il est assez rare qu’ils saluent la mémère sur son vélo.
Mais ce que je regrette, c’est les piétons qui ne te remercient pas d’un sourire quand tu les laisses traverser : il y a tellement d’automobilistes qui ne s’arrêtent pas !