Le blog d’un instit en week-end ou en vacances…

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Revenons à nos moutons !

Hier, en classe, il n’était pas question en classe de bayer aux corneilles ou de dormir comme une marmotte.  Les enfants devaient en effet écrire une recette magique, genre grimoire de sorcière, en complétant un texte à trous avec des propositions. De la bave de… Des plumes de… Une queue de… Une grosse patte de…

Bien-sûr, il y avait des pièges, car tous les animaux proposés n’avaient pas de plumes ou de queue. Il fallait donc être malin comme un singe !

En corrigeant les plus rapides, je renvoie à sa place ma petite Louane, qui avait écrit « des plumes de boa ».

- Un serpent n’a pas de plume, tu devrais le savoir.
(je ne suis pas peau de vache, je lui donne même l’erreur)

Une minute plus tard, une autre élève arrive avec la même erreur, puis une troisième !
Il fallait que je prenne le taureau par les cornes : je rappelle donc à toute la classe qu’il faut associer des choses possibles. Qu’un boa, par exemple, ça n’a pas de patte… ou qu’un crapaud, ça n’a pas de plume… Tout le monde acquiesce, comme si c’était une évidence.

Et pourtant, à mon bureau, les plumes de boa arrivent encore en masse ! Pas possible, ces élèves sont têtus comme des mules, ou ils veulent me faire devenir chèvre !

C’est là que je me suis rendu compte qu’un boa, pour mes p’tits dunkerquois, ça n’était pas un serpent, mais un foulard à plumes utilisé pour le carnaval ! Si j’avais eu une mémoire d’éléphant, je m’en serais souvenu, puisque ça m’était déjà arrivé il y a 2 ans

mars 6, 2010   3 124 lectures   6 commentaires

Des élèves 2.0

Il y a quelques semaines, en classe, comme tous les matins, je pose la question « quoi de neuf ? » qui ouvre une dizaine de minutes consacrées à des petites découvertes de tout genre : le compte-rendu d’une visite, la présentation d’un tour de magie, un petit exposé sur un animal ou une partie du corps humain…

Généralement, les enfants apportent un livre, une revue ou une fiche pour illustrer leur « quoi-de-neuf ». Et ce jour-là, stupeur, ma petite Margaux arrive avec… une clé USB !
Elle y avait déposé une vidéo de son nouveau chaton, et voulait nous montrer à quel point il était joueur…

Heureusement que je suis équipé en classe : ça ne m’a posé aucun souci pour projeter le film sur écran, et Margaux a consciencieusement expliqué les détails de la vidéo… Je ne sais pas pourquoi, j’avais l’impression de vivre une page d’histoire de l’histoire de l’enseignement !

Le plus amusant (pour moi) fut cependant la suite :

Le lendemain, un autre élève arrive lui aussi avec une clé USB, en parlant vaguement de photos de son chien. C’est bien connu, les enfants s’imitent entre eux, je n’allais donc pas freiner son envie d’utiliser des moyens modernes.

J’allume donc mon écran, ouvre la clé USB et n’y trouve qu’un fichier PDF au nom saugrenu… Me disant que les photos y sont certainement intégrées, j’ouvre le fichier, et tombe sur une page blanche. Je descends un peu à la découverte des autres pages, et là stupeur, je tombe sur des explications documentées portant pour titre « la dysfonction érectile » !

Argh. Mon p’tit élève a dû emprunter la clé de son papa sans lui en parler ! Mais ouf, les explications ne comportaient pas d’images trop détaillées…

Vous imaginez bien que désormais, je contrôle le contenu de la clé avant de le projeter aux élèves !

mars 3, 2010   2 841 lectures   8 commentaires

CTRL + Z

Il m’arrive parfois en classe, de me trouver bête.
Déjà plusieurs fois les années précédentes, après une matinée un peu trop bruyante et ponctuée de bavardages, je me suis surpris, après avoir libéré mes élèves, à faire un long « chhhhhut » dans ma classe, alors que les cahiers et les cartables étaient bien silencieux sans les enfants !

Hier, j’ai eu un petit moment de solitude de ce genre.

J’avais noté au tableau, à la craie, quelques exemples pour travailler la notion de nom et de verbe dans la phrase. Des élèves étaient intervenus, et nous avions dégagé ensemble ces notions grammaticales.
Au retour de la récréation, j’efface naturellement mon tableau pour passer aux mathématiques. Et là, regrettant mon geste en pensant que les phrases écrites une demi-heure plus tôt auraient pu resservir pour mon affichage, j’ai eu, une fraction de seconde, le réflexe de chercher des doigts le bouton « annuler la dernière opération » en haut de mon tableau !

Ce bouton n’existait pas, bien-sûr, puisqu’il s’agit d’un classique tableau vert à la craie ! Serait-ce le signe que j’ai vraiment besoin d’un tableau numérique ?
Mais bigre, durant quelques instants, j’ai vraiment eu l’air bête, la brosse dans une main, et l’autre main à la recherche d’un menu imaginaire ! L’honneur est sauf, les élèves ne se sont rendus compte de rien…

On va mettre ça sur le compte de la fatigue d’une première semaine de classe. Que voulez-vous, on ne peut pas être parfait (ni modeste) tous les jours !

février 27, 2010   5 894 lectures   10 commentaires

Là haut, tout près d’Jean Bart…

Aujourd’hui, au tapis avec mes CP, je travaille sur les origines du Carnaval de Dunkerque et sur ses traditions. Certain de la culture de mes p’tits dunkerquois, je pose la question des origines : « Savez-vous pourquoi on fait Carnaval aujourd’hui » ?

- Pour faire la fête ?

Certes, dis-je, mais d’où vient cette fête, pourquoi des gens, il y a longtemps, ont commencé à faire la fête ?

Silence. Puis ma Louane se lance :

- Pour faire le fête avec Jésus ?

C’est bien connu, la vérité sort de la bouche des enfants. Non contents d’avoir déjà eu Saint Martin et Jean Bart, les dunkerquois peuvent maintenant se vanter d’avoir vu Jésus marcher sur la mer du Nord avec son chapeau à fleurs !

:)

février 1, 2010   2 969 lectures   5 commentaires

Merci 2009 !

Avez-vous remarqué cette habitude que, nous humains, nous avons de vivre toujours dans l’avenir ?

On vit dans l’attente d’un rendez-vous, on trépigne d’impatience à l’idée d’un voyage, on décompte les jours avant les vacances, on fait des projets pour l’année suivante… Et pourtant, l’instant présent est sous nos mains, malléable à souhaits, et au lieu d’en faire ce que nous désirons, nous nous fabriquons un avenir potentiel souvent très incertain.

J’irais même plus loin que la magie du présent, en évoquant les moments déjà vécus. On accueille 2010 à bras ouverts, car il contient toutes nos attentes et semble être un prétexte à nos nouvelles résolutions, mais si l’on regarde en arrière, arrivons-nous à voir à quel point 2009 nous a gâtés ?

Certes, il faut réussir à évacuer tous ces évènements graves et lourds, tels que la crise, la maladie, l’échec, toutes ces choses qui nous bouchent la vue, pour réussir à observer avec une lorgnette positive ces moments, ou ces choix de vie, qui nous ont procuré du bonheur : une rencontre inattendue, un dépassement de soi, un bon repas, un coucher de soleil, un sourire, une journée tranquille, un fou-rire, un apprentissage réussi, une bonne nouvelle, etc. Les exemples pour ma part en 2009 sont nombreux quand j’y pense !

Et c’est magique : le plaisir de se remémorer ces petits bonheurs nous procure encore du plaisir !

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Toutefois, une nouvelle année, c’est aussi un passage, comme un anniversaire, ou un week-end. Rien ne change vraiment dans le cycle de notre vie, mais c’est l’occasion de se motiver à vivre pleinement sur de bonnes bases.

C’est ce que je vous souhaite pour l’année 2010 qui arrive : la volonté de mettre chaque minute du temps présent au service d’un bonheur qui se construit au quotidien, et pas seulement dans une mise fragile sur un avenir hypothétique ! (même si les projets de vie sont essentiels pour nous faire avancer…).

Et pour mettre en pratique ce quotidien, dès que vous aurez écrit un petit commentaire ci-dessous pour dire à quel point vous partagez cette vision des choses, éteignez votre ordinateur, et allez vous promener autour de chez vous dans le but d’y trouver une chose, une personne, ou un souvenir qui vous fera passer un bon moment personnel !
:-)

décembre 31, 2009   2 673 lectures   10 commentaires

Avoir chaud protège de l’arthrite

En cette période hivernale, les enfants de nos classes sont encore plus couverts qu’un sapin de Noël : gros pantalon, double T-shirt, pull, blouson avec doublure et double fermeture, écharpe, gants ou moufles, bonnet… Inutile de vous dire que lorsqu’on sort en récréation, il vaut mieux s’y prendre à l’avance afin d’avoir le temps de tout mettre, de fermer les fermetures-éclair récalcitrantes et de retrouver le gant caché dans une manche ou tombé dans un cartable…

C’est aussi l’époque où les affaires se perdent. Il est rare qu’il ne se passe pas une semaine sans qu’un enfant ne cherche un gant, ou n’ait perdu son écharpe…

C’est arrivé il y a 2 semaines à mon p’tit Enzo, et la maman était contrariée car cette écharpe avait été tricotée par la grand-mère ! On a tout retourné, sans rien retrouver…
Ni une ni deux, la semaine suivante, Enzo revenait à l’école avec une nouvelle écharpe, également tricotée dans la semaine ! Je trouve ça plutôt chouette les grands-mères qui tricotent encore de nos jours pour leurs petits-enfants ; ça change des vêtements tout faits et impersonnels.

Du coup, je me demande si je ne vais pas cacher les affaires de mes élèves pour faire travailler les mains des mamies du quartier. ;-)

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décembre 22, 2009   2 762 lectures   4 commentaires

Les gants en laine sur le radiateur

Vous n’êtes pas passé à côté si vous avez écouté les infos en France : aujourd’hui, il a neigé ! Eh oui.
Tout le monde en parle ; les automobilistes n’osent pas dépasser le 30 km/h sur ligne droite, les trottoirs ont l’air plus penchés que d’habitude pour les piétons, les bus ne passent pas pour ramasser les collégiens, c’est pratiquement l’apocalypse ! Pire, dirais-je, c’est l’hiver !

Faut avouer que ça fait plusieurs années que j’ai un peu du mal à expliquer à mes élèves les caractéristiques de cette saison : le froid, la neige, la glace, l’absence de verdure… Heureusement, et malgré ce que nous font croire les médias, le climat semble retrouver une activité normale, et il fait enfin un temps d’hiver en décembre !

Faut dire que j’adore ça. Oh, pas seulement la conduite sur la neige, les sourires lors des chutes de piétons, ou le fait qu’on n’aille pas au collège ce jour-là… Non, j’aime juste l’ambiance de la neige, qui m’apporte irrémédiablement des souvenirs et des images d’enfance : les pas craquants, la luge au milieu de la route, les igloos sur le bord du trottoir, les constructions très organisées de bonshommes de neige, et bien-sûr, les inévitables batailles de boules !

C’est quand même étrange, ce matin, en voyant les enfants arriver dans la cour blanche de l’école, j’avais l’impression d’être encore plus heureux qu’eux de voir cette neige… N’auraient-ils pas assez de souvenirs de ces bonnes parties glacées ? Ignoreraient-ils comment de la pluie tombée à zéro degré remplace à elle seule toutes les x-box, wii, cartes de catch et DS réunies ?!

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Ce qui est sûr, c’est qu’après une récréation bataille de boules de neige de 30 minutes, ils ont testé les plaisirs de la neige, en y goûtant de près ! Et moi, j’ai perdu 30 ans d’un coup !

En juin prochain, il faudra que j’expérimente la bataille d’eau, mais pas certain que cette fois mes collègues m’y laissent jouer ! ^^

décembre 17, 2009   2 526 lectures   6 commentaires

Demain, je braque la caisse !

Depuis plusieurs semaines, dans ma grande surface préférée, a été mis en place un système de caisse rapide. Le principe est simple : à l’entrée du magasin, je m’identifie avec ma carte bancaire, j’obtiens un lecteur magnétique avec lequel je scanne chaque article, puis au passage en caisse, je n’ai plus besoin de vider le contenu de mon caddie ; il suffit de laisser mon appareil à la caissière, qui vérifie aléatoirement que je n’ai pas fraudé, et qui débite mon compte.

douchetteC’est super pratique, car au fur-et-à-mesure de mes achats, je vois à quel montant s’élève mes caprices… Sans compter qu’on peut ainsi vérifier le prix de n’importe quel article. Puis ne pas devoir vider son caddie, c’est un petit confort supplémentaire.
Mais bon, je n’écris pas ce billet pour faire de la pub d’un système moderne, mais juste pour raconter une anecdote qui m’a fait sourire.

Hier, en attendant que « ma » caissière valide mon caddie, un homme à l’air louche est arrivé, les bras remplis de quelques articles, et là, l’hôtesse lui dit :

« ah non, Monsieur, pour cette caisse, il faut avoir un pistolet » !

J’imaginais la scène : l’homme jetant ses articles, et dégainant une arme ! Et toutes les caissières criant dans tout le magasin…
Je n’ai rien osé dire à cette dame, mais si j’y pense la prochaine fois, je lui sortirai un pistolet à eau. ^^

D’ailleurs, si un jour vous faites vos courses à Auchan Dunkerque, j’espère bien qu’on se fera une petite bataille de pistolets à travers les rayons !

décembre 9, 2009   8 407 lectures   14 commentaires

Le caoutchouc des bottes sur mes pneus !

En rentrant chez moi en voiture, ce midi, j’ai songé à mon enfance.

A la sortie de l’autoroute, à la fin de la bretelle, il y a en effet une magnifique flaque sur le bas-côté, et je prends toujours un grand plaisir à rouler allégrement dedans, en provoquant une magnifique gerbe d’eau ! (oui, je sais, il en faut peu pour m’amuser…). Souvenez-vous, c’est un petit plaisir délicat qu’on éprouve quand on n’est pas encore trop vieux : mettre des bottes, et aller marcher, ou sauter, dans les flaques ! (les bottes étant, au moins chez mes élèves, un accessoire totalement superflu !).

En fait, en éclaboussant les coccinelles ce midi, je me suis dit qu’on ne changeait pas vraiment. Enfant, je prenais plaisir à aller patauger dans les flaques, ado je roulais à toute vitesse en vélo dans les rigoles, et adulte, je franchis les lignes blanches pour provoquer des jets d’artifice ! C’est grave docteur ?

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Allez, réfléchissez bien, je suis certain que vous avez aussi votre petite bêtise enfantine reformatée à la sauce adulte !

Quelques pistes ? Ne marcher que sur les bandes blanches d’un passage protégé, démarrer au feu rouge avant la voiture d’en face, faire des courses de caddie dans l’allée centrale du supermarché, appuyer sur tous les boutons de l’ascenseur, faire des grimaces devant son appareil photo numérique, tenir un blog et écrire des p’tites choses ridicules… ^^

novembre 11, 2009   2 300 lectures   7 commentaires

Une lumière derrière la vitre

Je viens, encore une fois, d’expérimenter un petit plaisir, et je me demandais si j’étais le seul à apprécier ce genre de lubie. Il faut que j’vous explique !

Lorsque je me promène les soirs d’automne, comme actuellement, j’aime beaucoup l’heure à laquelle le jour décroit. C’est à ce moment souvent que les gens rentrent chez eux, après une longue journée de travail, ou suite à un dimanche en famille. Derrière les vitres, peu à peu, s’allument des petites lampes de chevet, des télévisions, des éclairages muraux… Et cette vision, lorsque je suis dans le froid, l’obscurité et le silence du dehors, ça me donne une sensation de plaisir, comme le ferait un coucher de soleil ou un bon repas !

Oui, je sais, ça paraît idiot, mais s’il n’en tenait qu’à moi, je me poserais quelques minutes devant les vitres de ces maisons aux éclairages multiples, juste pour le plaisir de rêver quelques secondes. Je trouve en effet qu’une petite lampe intérieure, lorsqu’il fait froid et sombre à l’extérieur, ça donne une impression de chaleur et de bien-être. Et voir ces gens, qu’on ne connaît pas, discuter ou se reposer derrière les vitres plus ou moins voilées, ça donne l’envie d’être à leur place !

Le plaisir de l’envie, c’est pas mal, non ? Plutôt que d’appeler ça le remords de l’absence ! ^^

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Bon, évidemment, j’ai la chance d’avoir aussi un chez moi, et c’est donc très naturellement que dès que j’y rentre, j’allume des petites lampes partout. Ça n’est peut-être pas très bon pour la planète, mais c’est excellent pour le moral des passants !

novembre 8, 2009   3 101 lectures   6 commentaires