Là haut, tout près d’Jean Bart…
Aujourd’hui, au tapis avec mes CP, je travaille sur les origines du Carnaval de Dunkerque et sur ses traditions. Certain de la culture de mes p’tits dunkerquois, je pose la question des origines : « Savez-vous pourquoi on fait Carnaval aujourd’hui » ?
- Pour faire la fête ?
Certes, dis-je, mais d’où vient cette fête, pourquoi des gens, il y a longtemps, ont commencé à faire la fête ?
Silence. Puis ma Louane se lance :
- Pour faire le fête avec Jésus ?
C’est bien connu, la vérité sort de la bouche des enfants. Non contents d’avoir déjà eu Saint Martin et Jean Bart, les dunkerquois peuvent maintenant se vanter d’avoir vu Jésus marcher sur la mer du Nord avec son chapeau à fleurs !
février 1, 2010 94 lectures 1 commentaire
Merci 2009 !
Avez-vous remarqué cette habitude que, nous humains, nous avons de vivre toujours dans l’avenir ?
On vit dans l’attente d’un rendez-vous, on trépigne d’impatience à l’idée d’un voyage, on décompte les jours avant les vacances, on fait des projets pour l’année suivante… Et pourtant, l’instant présent est sous nos mains, malléable à souhaits, et au lieu d’en faire ce que nous désirons, nous nous fabriquons un avenir potentiel souvent très incertain.
J’irais même plus loin que la magie du présent, en évoquant les moments déjà vécus. On accueille 2010 à bras ouverts, car il contient toutes nos attentes et semble être un prétexte à nos nouvelles résolutions, mais si l’on regarde en arrière, arrivons-nous à voir à quel point 2009 nous a gâtés ?
Certes, il faut réussir à évacuer tous ces évènements graves et lourds, tels que la crise, la maladie, l’échec, toutes ces choses qui nous bouchent la vue, pour réussir à observer avec une lorgnette positive ces moments, ou ces choix de vie, qui nous ont procuré du bonheur : une rencontre inattendue, un dépassement de soi, un bon repas, un coucher de soleil, un sourire, une journée tranquille, un fou-rire, un apprentissage réussi, une bonne nouvelle, etc. Les exemples pour ma part en 2009 sont nombreux quand j’y pense !
Et c’est magique : le plaisir de se remémorer ces petits bonheurs nous procure encore du plaisir !

Toutefois, une nouvelle année, c’est aussi un passage, comme un anniversaire, ou un week-end. Rien ne change vraiment dans le cycle de notre vie, mais c’est l’occasion de se motiver à vivre pleinement sur de bonnes bases.
C’est ce que je vous souhaite pour l’année 2010 qui arrive : la volonté de mettre chaque minute du temps présent au service d’un bonheur qui se construit au quotidien, et pas seulement dans une mise fragile sur un avenir hypothétique ! (même si les projets de vie sont essentiels pour nous faire avancer…).
Et pour mettre en pratique ce quotidien, dès que vous aurez écrit un petit commentaire ci-dessous pour dire à quel point vous partagez cette vision des choses, éteignez votre ordinateur, et allez vous promener autour de chez vous dans le but d’y trouver une chose, une personne, ou un souvenir qui vous fera passer un bon moment personnel !
décembre 31, 2009 243 lectures 10 commentaires
Avoir chaud protège de l’arthrite
En cette période hivernale, les enfants de nos classes sont encore plus couverts qu’un sapin de Noël : gros pantalon, double T-shirt, pull, blouson avec doublure et double fermeture, écharpe, gants ou moufles, bonnet… Inutile de vous dire que lorsqu’on sort en récréation, il vaut mieux s’y prendre à l’avance afin d’avoir le temps de tout mettre, de fermer les fermetures-éclair récalcitrantes et de retrouver le gant caché dans une manche ou tombé dans un cartable…
C’est aussi l’époque où les affaires se perdent. Il est rare qu’il ne se passe pas une semaine sans qu’un enfant ne cherche un gant, ou n’ait perdu son écharpe…
C’est arrivé il y a 2 semaines à mon p’tit Enzo, et la maman était contrariée car cette écharpe avait été tricotée par la grand-mère ! On a tout retourné, sans rien retrouver…
Ni une ni deux, la semaine suivante, Enzo revenait à l’école avec une nouvelle écharpe, également tricotée dans la semaine ! Je trouve ça plutôt chouette les grands-mères qui tricotent encore de nos jours pour leurs petits-enfants ; ça change des vêtements tout faits et impersonnels.
Du coup, je me demande si je ne vais pas cacher les affaires de mes élèves pour faire travailler les mains des mamies du quartier.

décembre 22, 2009 280 lectures 4 commentaires
Les gants en laine sur le radiateur
Vous n’êtes pas passé à côté si vous avez écouté les infos en France : aujourd’hui, il a neigé ! Eh oui.
Tout le monde en parle ; les automobilistes n’osent pas dépasser le 30 km/h sur ligne droite, les trottoirs ont l’air plus penchés que d’habitude pour les piétons, les bus ne passent pas pour ramasser les collégiens, c’est pratiquement l’apocalypse ! Pire, dirais-je, c’est l’hiver !
Faut avouer que ça fait plusieurs années que j’ai un peu du mal à expliquer à mes élèves les caractéristiques de cette saison : le froid, la neige, la glace, l’absence de verdure… Heureusement, et malgré ce que nous font croire les médias, le climat semble retrouver une activité normale, et il fait enfin un temps d’hiver en décembre !
Faut dire que j’adore ça. Oh, pas seulement la conduite sur la neige, les sourires lors des chutes de piétons, ou le fait qu’on n’aille pas au collège ce jour-là… Non, j’aime juste l’ambiance de la neige, qui m’apporte irrémédiablement des souvenirs et des images d’enfance : les pas craquants, la luge au milieu de la route, les igloos sur le bord du trottoir, les constructions très organisées de bonshommes de neige, et bien-sûr, les inévitables batailles de boules !
C’est quand même étrange, ce matin, en voyant les enfants arriver dans la cour blanche de l’école, j’avais l’impression d’être encore plus heureux qu’eux de voir cette neige… N’auraient-ils pas assez de souvenirs de ces bonnes parties glacées ? Ignoreraient-ils comment de la pluie tombée à zéro degré remplace à elle seule toutes les x-box, wii, cartes de catch et DS réunies ?!

Ce qui est sûr, c’est qu’après une récréation bataille de boules de neige de 30 minutes, ils ont testé les plaisirs de la neige, en y goûtant de près ! Et moi, j’ai perdu 30 ans d’un coup !
En juin prochain, il faudra que j’expérimente la bataille d’eau, mais pas certain que cette fois mes collègues m’y laissent jouer ! ^^
décembre 17, 2009 236 lectures 4 commentaires
Demain, je braque la caisse !
Depuis plusieurs semaines, dans ma grande surface préférée, a été mis en place un système de caisse rapide. Le principe est simple : à l’entrée du magasin, je m’identifie avec ma carte bancaire, j’obtiens un lecteur magnétique avec lequel je scanne chaque article, puis au passage en caisse, je n’ai plus besoin de vider le contenu de mon caddie ; il suffit de laisser mon appareil à la caissière, qui vérifie aléatoirement que je n’ai pas fraudé, et qui débite mon compte.
C’est super pratique, car au fur-et-à-mesure de mes achats, je vois à quel montant s’élève mes caprices… Sans compter qu’on peut ainsi vérifier le prix de n’importe quel article. Puis ne pas devoir vider son caddie, c’est un petit confort supplémentaire.
Mais bon, je n’écris pas ce billet pour faire de la pub d’un système moderne, mais juste pour raconter une anecdote qui m’a fait sourire.
Hier, en attendant que « ma » caissière valide mon caddie, un homme à l’air louche est arrivé, les bras remplis de quelques articles, et là, l’hôtesse lui dit :
« ah non, Monsieur, pour cette caisse, il faut avoir un pistolet » !
J’imaginais la scène : l’homme jetant ses articles, et dégainant une arme ! Et toutes les caissières criant dans tout le magasin…
Je n’ai rien osé dire à cette dame, mais si j’y pense la prochaine fois, je lui sortirai un pistolet à eau. ^^
D’ailleurs, si un jour vous faites vos courses à Auchan Dunkerque, j’espère bien qu’on se fera une petite bataille de pistolets à travers les rayons !
décembre 9, 2009 263 lectures 4 commentaires
Le caoutchouc des bottes sur mes pneus !
En rentrant chez moi en voiture, ce midi, j’ai songé à mon enfance.
A la sortie de l’autoroute, à la fin de la bretelle, il y a en effet une magnifique flaque sur le bas-côté, et je prends toujours un grand plaisir à rouler allégrement dedans, en provoquant une magnifique gerbe d’eau ! (oui, je sais, il en faut peu pour m’amuser…). Souvenez-vous, c’est un petit plaisir délicat qu’on éprouve quand on n’est pas encore trop vieux : mettre des bottes, et aller marcher, ou sauter, dans les flaques ! (les bottes étant, au moins chez mes élèves, un accessoire totalement superflu !).
En fait, en éclaboussant les coccinelles ce midi, je me suis dit qu’on ne changeait pas vraiment. Enfant, je prenais plaisir à aller patauger dans les flaques, ado je roulais à toute vitesse en vélo dans les rigoles, et adulte, je franchis les lignes blanches pour provoquer des jets d’artifice ! C’est grave docteur ?

Allez, réfléchissez bien, je suis certain que vous avez aussi votre petite bêtise enfantine reformatée à la sauce adulte !
Quelques pistes ? Ne marcher que sur les bandes blanches d’un passage protégé, démarrer au feu rouge avant la voiture d’en face, faire des courses de caddie dans l’allée centrale du supermarché, appuyer sur tous les boutons de l’ascenseur, faire des grimaces devant son appareil photo numérique, tenir un blog et écrire des p’tites choses ridicules… ^^
novembre 11, 2009 395 lectures 7 commentaires
Une lumière derrière la vitre
Je viens, encore une fois, d’expérimenter un petit plaisir, et je me demandais si j’étais le seul à apprécier ce genre de lubie. Il faut que j’vous explique !
Lorsque je me promène les soirs d’automne, comme actuellement, j’aime beaucoup l’heure à laquelle le jour décroit. C’est à ce moment souvent que les gens rentrent chez eux, après une longue journée de travail, ou suite à un dimanche en famille. Derrière les vitres, peu à peu, s’allument des petites lampes de chevet, des télévisions, des éclairages muraux… Et cette vision, lorsque je suis dans le froid, l’obscurité et le silence du dehors, ça me donne une sensation de plaisir, comme le ferait un coucher de soleil ou un bon repas !
Oui, je sais, ça paraît idiot, mais s’il n’en tenait qu’à moi, je me poserais quelques minutes devant les vitres de ces maisons aux éclairages multiples, juste pour le plaisir de rêver quelques secondes. Je trouve en effet qu’une petite lampe intérieure, lorsqu’il fait froid et sombre à l’extérieur, ça donne une impression de chaleur et de bien-être. Et voir ces gens, qu’on ne connaît pas, discuter ou se reposer derrière les vitres plus ou moins voilées, ça donne l’envie d’être à leur place !
Le plaisir de l’envie, c’est pas mal, non ? Plutôt que d’appeler ça le remords de l’absence ! ^^

Bon, évidemment, j’ai la chance d’avoir aussi un chez moi, et c’est donc très naturellement que dès que j’y rentre, j’allume des petites lampes partout. Ça n’est peut-être pas très bon pour la planète, mais c’est excellent pour le moral des passants !
novembre 8, 2009 288 lectures 5 commentaires
Demain, j’entre dans ma grotte
Voilà une phrase qui revient souvent dans le monde enseignant : demain, c’est la rentrée ! Et je vous fais grâce du prétentieux « mais dans 6 semaines ce sont les vacances »…
Me voilà donc prêt à retrouver une petite vie réglée au rythme des élèves : les préparations de cours, les rigolades avec les enfants, les coups de colère, ou de fatigue… les interrogations pédagogiques, les sourires, les mains tendues, les chansons, les bêtises ! Bref, tout ce qui fait que j’aime mon mérier !
Puis, ce retour dans « ma grotte », c’est aussi au sens propre cette année. J’ai en effet une petite classe dans un vieux bâtiment, contre lequel nous construisons de nouvelles classes maternelles. Mes 2 seules fenêtres sont donc complètement bouchées depuis ces vacances de Toussaint, et je vais donc faire classe dans l’obscurité la plus complète dès demain ! (brrrrrrrr).

Alors si vous avez de bonnes idées pour profiter de l’obscurité de notre grotte de CP, genre projet sur l’ombre et la lumière, élevage de fantômes, entraînement intensif à la sieste… je suis preneur !
novembre 4, 2009 285 lectures 4 commentaires
Je suis une bête immonde
Suite à la remarque étonnante de l’un de mes contacts sur Twitter, j’ai fait une découverte assez surprenante hier soir, qui allie mathématiques et mysticisme.
Mais au préalable, laissez-moi vous rappeler les origines d’un nombre, le 666, appelé aussi « nombre de la bête » ou « nombre de l’Homme ». Il s’agit d’une référence biblique, qui désigne ce nombre comme celui qui marque la seconde bête de l’Apocalypse. Au chapitre 13, verset 18, vous trouverez :

Évidemment, ce verset a beaucoup fait parler, et un article de blog ne suffirait pas pour donner toutes les observations trouvées autour de ce fameux 666.
Ce qui me concerne est une conclusion purement mathématique, qui me lie directement à ce nombre.
Accrochez-vous !
Je prends la table de multiplication de 9, et j’y associe les lettres de l’alphabet :
- A = 9 (1×9)
- B = 18 (2×9)
- C = 27 (2×9)
- …
- jusque Z = 234 (26×9)

Très naturellement, j’additionne tous les nombres obtenus pour chaque lettre de mon prénom (JEAN-ROCH) :
- J > 10×9 = 90
- E > 5×9 = 45
- A > 1×9 = 9
- N > 14×9 = 126
- R > 18×9 = 162
- O > 15×9 = 135
- C > 3×9 = 27
- H > 8×9 = 72
Je vous le donne en mille. L’addition de ces nombres (90+45+9+126+162+135+27+72) donne pile 666 !
Bigre. Diantre. Me voilà donc lié inexorablement à ce nombre maudit. Avouez que la coïncidence est frappante, même si, comme me le faisait remarquer un ami, on pourrait trouver des coïncidences aussi remarquables avec n’importe quel nombre…
Ce qui me rassure (façon de parler) c’est que « Jean-Roch » n’est pas le seul prénom dont la somme des lettres donne 666. On compte parmi les autres remarquables LUCIFER (argh) ou encore JESUS, auxquels on peut ajouter quelques noms communs comme GUERRE, DESIRS ou ENVIES, et encore beaucoup d’autres expliquées ici.

Concernant mon prénom, il va quand même falloir que je demande des comptes à mes parents, pour m’avoir affublé de ce chiffre qui me promet certainement un destin hors du commun (sans compter que j’ai bientôt 33 ans, l’âge de Christ, dont la somme des chiffres donne 6… Brrrrrr).
Si vous voulez connaître également votre lien hypothétique avec le nombre 666, allez donc le calculer vous-même ici.
[voix démoniaque ON] J’ai testé avec le nom de mes proches, je semble être le seul marqué du nombre de la bête ! [/voix démoniaque OFF].
octobre 18, 2009 430 lectures 6 commentaires
Leur grand-mère faisait-elle du catch ?
Comme chaque année dans les cours d’école, il y a des modes. Il y eut les osselets, les billes, les cordes, les toupies… puis plus récemment les cartes Pokémon ou les feuilles Diddle.
Depuis cette année, c’est la folie des cartes de catch (folie qui avait commencé l’an dernier). On trouve même des T-shirt, des trousses, des cartables… A croire que les retransmissions de matchs américains sur la TNT ont propulsé ce sport-spectacle au premier rang des intérêts des élèves.
A première vue, on aurait envie de s’en offusquer :
Le catch, c’est violent ! ça n’est pas pour les enfants… On va retrouver des bagarres dans les coins de la cour ! Y a déjà assez de violence comme ça pour ne pas en ajouter…
Et j’en passe.
Or, de façon étonnante, les enfants ne sont pas dupes. L’an dernier, l’un de mes élèves est venu faire un « quoi-de-neuf » sur ce thème, et sa première explication ressemblait aux avertissements qu’on voit au début des rediffusions : « surtout, vous ne devez pas faire ça chez vous, dans votre chambre ou dans votre salon ! ». Ou encore : « En vrai, ils ne se font pas mal, c’est juste du spectacle, mais il faut s’entraîner pour ça ».

La chose qui m’a vraiment donné envie d’accepter cet attrait pour le catch auprès de mes propres élèves, ce fut lorsque ma vieille maman de plus de 80 ans m’apprit, il y a 2 jours, que dans sa jeunesse, elle regardait en famille (ou assistait à) des matchs de catch, et qu’elle aimait beaucoup ça !
Quelques recherches m’ont montré que le catch était en effet une véritable passion en France dans les années 50 à 70 (voir par exemple ce message de forum).
Les générations se ressembleraient-elles plus qu’on ne le pense ?
Ce qui est certain, c’est que demain matin, je verrai les collections de cartes d’un autre œil !
octobre 11, 2009 520 lectures 9 commentaires