Le blog d’un instit en week-end ou en vacances…
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Category — Souvenirs

Les gants en laine sur le radiateur

Vous n’êtes pas passé à côté si vous avez écouté les infos en France : aujourd’hui, il a neigé ! Eh oui.
Tout le monde en parle ; les automobilistes n’osent pas dépasser le 30 km/h sur ligne droite, les trottoirs ont l’air plus penchés que d’habitude pour les piétons, les bus ne passent pas pour ramasser les collégiens, c’est pratiquement l’apocalypse ! Pire, dirais-je, c’est l’hiver !

Faut avouer que ça fait plusieurs années que j’ai un peu du mal à expliquer à mes élèves les caractéristiques de cette saison : le froid, la neige, la glace, l’absence de verdure… Heureusement, et malgré ce que nous font croire les médias, le climat semble retrouver une activité normale, et il fait enfin un temps d’hiver en décembre !

Faut dire que j’adore ça. Oh, pas seulement la conduite sur la neige, les sourires lors des chutes de piétons, ou le fait qu’on n’aille pas au collège ce jour-là… Non, j’aime juste l’ambiance de la neige, qui m’apporte irrémédiablement des souvenirs et des images d’enfance : les pas craquants, la luge au milieu de la route, les igloos sur le bord du trottoir, les constructions très organisées de bonshommes de neige, et bien-sûr, les inévitables batailles de boules !

C’est quand même étrange, ce matin, en voyant les enfants arriver dans la cour blanche de l’école, j’avais l’impression d’être encore plus heureux qu’eux de voir cette neige… N’auraient-ils pas assez de souvenirs de ces bonnes parties glacées ? Ignoreraient-ils comment de la pluie tombée à zéro degré remplace à elle seule toutes les x-box, wii, cartes de catch et DS réunies ?!

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Ce qui est sûr, c’est qu’après une récréation bataille de boules de neige de 30 minutes, ils ont testé les plaisirs de la neige, en y goûtant de près ! Et moi, j’ai perdu 30 ans d’un coup !

En juin prochain, il faudra que j’expérimente la bataille d’eau, mais pas certain que cette fois mes collègues m’y laissent jouer ! ^^

décembre 17, 2009   1 784 lectures   6 commentaires

Amoureux du chant

Ceux qui me connaissent savent que j’adore chanter, et faire chanter.

Permettez-moi donc un petit billet pour rendre un hommage à un homme qui a passé sa vie à faire chanter et à donner du plaisir à chanter : Jean Amoureux.
Il est parti faire chanter les anges, si j’ose dire, la semaine dernière, et laisse orphelin les Petits Chanteurs d’Asnières. Bof, ça ne vous intéresse pas ?

Mais si ! Rappelez-vous ! Ou demandez à vos grands frères, grandes soeurs ou parents ! Les Petits Chanteurs d’Asnières, ce sont les Poppys, ce groupe d’enfants chanteurs qui ont occupé de nombreux plateaux télé dans les années 70 avec des airs engagés au service de la paix et de la pacification du monde, en des temps plutôt troublés sur le plan international.

On les a connus avec des airs plutôt personnels (Isabelle je t’aime, Il faut une fleur pour faire le monde…), mais aussi avec des airs politiquement engagés (Non, je ne veux pas faire la guerre, Noël 70…), et c’est certainement cet engagement qui a fait leur succès (1 200 000 ventes pour « non, non, rien n’a changé »).

Malheureusement, en 2009, faire s’engager des enfants par le chant serait certainement mal perçu, voire politiquement incorrect. Vous imaginez si aujourd’hui, je faisais chanter et danser mes élèves sur TF1 sur des paroles destinées à sauver l’environnement par l’arrêt des gaspillages industriels ? Ou à contrer les ventes d’avions de combat chez Dassault ? J’ai peur que ça ne passe pas…

Alors, c’est sûr, quand on regarde aujourd’hui les Poppys, c’est un peu kitch, et souvent très naïf, mais dans le fond, n’est-ce pas de ça que manquent nos journées trop chargées, d’un peu de légèreté et de sourires ?

septembre 6, 2009   1 760 lectures   9 commentaires

Résurrection à la vie

Il y a une histoire, je ne sais pourquoi, qui me touche beaucoup en ce moment, celle de cette famille qui s’est fait attaquer par des pirates au large de la Somalie et dont le père, Florent, a été tué lors de l’intervention de l’armée pour les délivrer.

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On entend certaines personnes leur reprocher leur folie, les prises de risques pour leur jeune fils, et pourtant, j’ai trouvé sur la page Facebook d’une amie de cette famille une citation qui moralise très positivement ce drame :

Les seuls gens vrais pour moi sont les fous, ceux qui sont fous d’envie de vivre, fous d’envie de parler, d’être sauvés, fous de désir pour tout à la fois, ceux qui ne baillent jamais et qui ne disent jamais de banalités, mais qui brûlent, brûlent, comme des feux d’artifice extraordinaires qui explosent comme des araignées dans les étoiles, et en leur centre on peut voir la lueur bleue qui éclate et tout le monde fait « Waou ! »

Que dire ? Et pourquoi donc ?…Pourquoi ? Comme cette vie est étrange et belle… incroyable et merveilleuse comme la mer. C’est dur de dire adieu. Il y a beaucoup de choses que je pourrais dire maintenant, mais je ne les dirai pas, comme cela, si je ne devais jamais revenir, personne ne me pleurera. Voilà pourquoi je m’en vais, tranquillement, avec mes projets, je ne fais pas de voeux et je n’attends rien, mais j’aime chaque chose.

Jack Kerouac

J’aime beaucoup cette façon de voir les choses, et trouve que ça s’accorde bien au voyage de Tanit !

Et vous, quelle sera votre prochaine folie ?

avril 12, 2009   1 103 lectures   Commentaires fermés

J’ai connu les premières DS !

J’ai souvent eu du respect pour mes « anciens » (parents, oncles, grands frères…) qui me racontaient qu’ils avaient connu les débuts de choses qui me semblaient avoir toujours existé : la télévision en couleurs, les premiers coups de téléphone, l’arrivée du micro-onde (ah, ça je m’en souviens presque…

Parfois je m’amuse à penser que dans quelques année, c’est moi qui pourrai me vanter :
- d’avoir appris à lire sur un des premiers ordinateurs, texte vert sur fond noir (TRS-80 de chez Tandy pour les connaisseurs) ;
- d’avoir vécu la naissance d’internet, à l’époque où personne ne savait ce que voulait dire we-we-we (WWW) ;
- d’avoir connu des MacDo où le « drive » n’existait pas ;
- d’avoir passé des coups de téléphone d’une cabine où il fallait mettre des pièces ;
- d’avoir écouté Chantal Goya grâce à un mange-disque orange (ça, vous pouvez le garder pour vous…).

Et j’en passe !

Si mon titre parle de la DS, c’est à cause d’un élève un jour qui m’a sorti qu’il avait chez lui une DS (ne vous l’ai-je pas déjà raconté ? Désolé si je radote).
J’étais assez étonné de savoir que ses parents possédaient cette Citroën utilisée par mes propres parents, avant même que j’existe ! Et quel ne fut pas mon étonnement lorsque la moitié de mes garçons enchaînèrent en disant : « ah oui, moi aussi j’ai une DS… », « moi, j’en ai 2″.
Là, je compris que j’avais déjà un train de retard, et que j’avais aussi connu les premières consoles de jeu !
:-)

Bon, ce qui me rassure, c’est que je n’ai pas connu les ouvreuses au cinéma.
Et vous, quel a été votre premier ou votre première le plus marquant ?

août 12, 2008   2 070 lectures   11 commentaires

Je cherche, donc je vis

J’ai regardé ce soir, comme certains d’entre vous peut-être, un film racontant la quête d’un homme qui recherche le trésor des Templiers. C’était agréablement divertissant, et ça m’a fait remonter de nombreux souvenirs d’enfance.

Suis-je le seul à avoir laissé des trésors derrière moi ? Ou du moins des boîtes remplies de bibelots, qui n’avaient de trésor que le nom ? Avec le recul, je pense à l’émoi que je pourrais avoir si je retrouvais ces boîtes cachées, l’une enfouie dans la terre, l’autre derrière de vieilles pierres !
Il faut dire que j’ai tout testé dans ma jeunesse : les codes secrets, les visites de maisons abandonnées, les souterrains, les coins perdus des églises, les fouilles archéologiques… Parfois, je me demande même si les enfants, aujourd’hui, ont autant d’imagination (j’ose espérer que oui, et je suis bien placé pour leur montrer l’exemple).

Maintenant que je suis adulte, au moins sur ma carte d’identité, j’avoue que ça me manque un peu, et qu’en m’y remettant, j’aurais certainement plus de rigueur et de suivi dans ma façon d’établir des trésors.

Rassurez-vous, je n’ai pas attendu de regarder un film sur les Templiers pour me mettre aux trésors, puisque ceci existe déjà grâce à Internet : au-delà de gros trésors existant, comme la fameuse Chouette d’Or de Max Valentin, il existe plus simplement, du même auteur, un site français qui vous propose de partir à la recherche de petites boîtes cachées dans la nature partout en France, et à partir duquel vous pouvez vous-même cacher votre propre trésor et le soumettre à la recherche des autres : je vous laisse découvrir A la recherche des Cistes, peut-être que ça vous rappellera à vous aussi quelques souvenirs d’enfance…

Et puis pour ceux qui sont moins attachés au concret, il reste le plaisir de la recherche intellectuelle, même si on ne sait pas toujours ce qu’on va trouver. Vivre, c’est un peu chercher un trésor inconnu, non ?

février 12, 2008   985 lectures   2 commentaires

Neige

Aussi loin que je remonte dans ma mémoire, j’ai toujours aimé la neige. Aussi loin que je scrute la mémoire des autres, j’ai toujours vu les gens aimer la neige.

Qu’est-ce qui nous pousse donc, nous humains, à devenir bêtes et béas devant quelques flocons en chute libre adoucie ?! Serait-ce plus fort que notre propre raison ?

C’est blanc, c’est frais, c’est calme, ça craque, ça cache tout le reste… mais ça c’est une pensée d’adulte…
Lorsque j’étais encore plus petit que le montant des fenêtres de ma maison, j’avais pourtant plaisir à regarder tomber un à un ces flocons. Mieux que la télé ou le cinéma, j’avais l’exclusivité du nettoyage du paysage !
Le jardin n’était pas entretenu ? Peu importe, la neige allait faire son office. Mes jeux traînaient sur la terrasse ? Chic, ils allaient y provoquer des masses neigeuses extraordinaires…
Je n’oserai pas ici transcrire les pensées ténébreuses que j’ai eues envers mon chien, qui m’apercevant au carreau, se croyait malin de venir mettre ses pattes sur cette nouvelle moquette naturellement fraîche. Heureusement, la bête était frileuse, et devant mes yeux levés au ciel, il repartait vite se mettre à l’abri…

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décembre 28, 2005   1 402 lectures   8 commentaires

Ma première maîtresse

Ma première maîtresse, loin d’être la dernière, je l’ai rencontrée dans la cour de l’école maternelle.

Je devais avoir à peine quelques mois de vie, et peut-être quelques bougies au compteur, quand par un beau matin de septembre, brumeux comme ils savent l’être dans mon Nord natal, l’un de mes frères me prit par la main pour m’emmener vers ces terres austères. A vrai dire, j’étais plutôt content de prendre l’autobus, « comme les grands »… mais si j’avais su sur quel terrain je m’engageais, j’aurais préféré partir à pieds et ne jamais y arriver !

Dans la grande cour de récréation, mon premier contact fut celui du sol… Assez douloureux, certes, mais la bosse passée (et les pleurs effacés par la renommée légendaire de mon courage enfantin), je découvris qu’il y avait une vie à mes genoux : des cailloux, des rigoles, des bouts de choses dont j’ignorais jusqu’au nom ! Chic, c’était un lieu où tout était à découvrir… Il allait me falloir du temps.
Déjà occupé à examiner le premier spécimen de brindille desséchée par un mois d’été, un gaillard gringalet vint avec ses tâches de rousseurs et ses gros muscles me pousser, certainement pour mieux me montrer la nature du terrain que j’étudiais.
Devant la sirène déclenchée par mon système nerveux, une personne inconnue, qui pourtant me connaissait, accourut, me prit par la main en répétant des « allez, ce n’est rien » (mais si, c’était quelque chose ! On allait priver le monde d’un grand chercheur en géologie scolaire !), et me conduisit dans une salle certainement aussi chaude que la maternité dans laquelle j’étais né.

Là, ma première réaction fut olfactive. Beeeerk. Mon vocabulaire étant assez réduit à cette époque, et mon éducation m’interdisant de laisser apparaître une critique sur l’environnement dans lequel j’étais invité, je me contentai de fermer l’accès à mes narines. Les adultes jubilent souvent en repensant aux odeurs des classes maternelles, au parfum de leur maîtresse ou à leur colle « cléopâtre », pour ma part, l’heure était à la sélection d’informations : cette odeur devait partir dans mes oubliettes neuronales, dans mon vide mémoriel (ça ne veut pas dire grand chose, mais ça me plaît).

Là, on me présenta des tas de gens : « elle c’est Martine ». Martine ! Comme si on avait élevé les cochons ensemble (certes à mon jeune âge je n’avais pas eu grande occasion d’expérimenter un élevage porcin conséquent, mais cela n’enlevait rien au fait que cette familiarité subite me dérangeait). L’autre, c’était Sylvie. Tiens, elle avait l’air plus douce que Martine, et surtout, elle sentait moins mauvais. Il faut dire, si Martine lit par hasard un jour ces lignes, que « sentir mauvais » dans mon échelle d’appréciation signifiait « être très éloigné de l’odeur de ma mère ».
Enfin, la dernière qui me parlait, c’était ma maîtresse. La révélation de mon existence ! Celle qui allait me montrer que l’idéal féminin n’était pas la seule individualité maternelle. Celle aussi qui m’apprendrait ce que peut être une femme, une vraie : organisée, tendre, bavarde, souriante, belle ; en gros (au sens figuré le « gros »), une nouvelle maman qui devait certainement permettre à ma première mère de se reposer. C’est étrange, je n’avais pas l’impression d’être trop présent à la maison, ni trop exigeant ou possessif, mais cela devait être ainsi : il me fallait m’habituer à cette nouvelle femme dans ma vie.

Heureusement, j’étais bien tombé. Le hasard des répartitions aurait pu me faire subir le sort d’être scolarisé chez Simone ou chez Gertrude (on comprend, avec des enseignants portant de tels noms, comment certains hommes à la suite de leur vie parviennent à supporter des femmes très spéciales…), mais j’avais eu la chance de tomber sur la sublime Roselyne. Un prénom tout en chanson, digne du plus beau roman d’amour qu’il ne me serait jamais donné de lire.

The schoolteacher © Ginette AnfousseCertes, cette première maîtresse faisait preuve d’éparpillement sentimental. Je constatais en effet que, lorsque je n’étais pas en situation délicate, elle allait s’occuper d’autres individus, qui n’étaient ni mes frères, ni mes soeurs, ni des étrangers ; pire que ça, c’était des Autres.
De ces premières heures en maternelle provient certainement le fait que les humains, particulièrement les hommes, ont toujours le besoin de se plaindre ou de se sentir perdus : c’est dans ces situations qu’une femme surgit de nulle part pour tenter de vous consoler. Depuis le temps, je me suis aguerri, et je tente par tous les moyens de ne pas laisser paraître le moindre désarroi, de peur de voir réapparaître Martine, ou son clone… Et puis, en grandissant, conscient que toutes les femmes ne s’appelaient pas Roselyne, j’ai bien compris qu’elles ne travaillaient pas toutes dans des écoles maternelles, c’est peut-être cela aussi qui sauve notre espèce.

Roselyne fut ma première aventure. Certainement la meilleure de mon parcours scolaire, puisque c’est bien la seule qui ne me laissa aucun souvenir émotionnel fort, si ce n’est le fait d’être bien avec elle. Les autres qui suivirent furent très différentes : l’une était trop marquante, l’autre criait fort, l’autre était grosse (je lui en voulais à l’époque), la quatrième était ennuyeuse, la suivante était un homme (il n’y pouvait rien, le pauvre), et la dernière me faisait peur avec ses dents jaunies et ses manières arrogantes.

N’y voyez pas là un conseil pour la gent masculine, mais je compris ces premières années quel était le secret pour être une bonne maîtresse : il fallait pour elle se faire oublier tout en veillant à mon bien être. C’est bien simple, il suffisait que j’y pense pour qu’elle soit là, que je l’oublie pour qu’elle disparaisse… La femme idéale ! Aujourd’hui, ayant mûri un peu, je ne l’appelle plus femme, mais conscience.

Si, presque 30 ans plus tard, j’avais l’idée de dresser un bilan de l’impact qu’a produit sur ma vie quotidienne ma première maîtresse, je découvrirais peut-être que c’est elle qui a régi toute mon existence, et qui m’accompagne encore dans mes actes quotidiens… Et si aujourd’hui je me retrouve à l’école du côté « maîtresse » (façon de parler bien sûr), c’est certainement par volonté de donner à mon tour ce qu’on a bien voulu me faire recevoir : une présence bienveillante, un regard plein de confiance, et un espoir vers un meilleur devenir (passionnant mais exigeant !).

septembre 10, 2005   2 542 lectures   16 commentaires